février 28, 2024
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Programme « Humanitarian Parole » : la PNH en passe de perdre 1/3 de son effectif

(Port-au-Prince)- Le Programme « Humanitarian Parole » de l’administration américaine pour freiner la migration irrégulière à la frontière des États-Unis avec le Mexique, a créé une ruée vers les bureaux d’immigration en Haïti depuis son lancement. Selon le journal américain Miami Herald, ce programme risque de coûter à la Police Nationale d’Haïti 1/3 de son effectif.

 

Depuis que l’administration Biden a annoncé le 5 janvier que les États-Unis autoriseront jusqu’à 30 000 migrants par mois en provenance d’Haïti, de Cuba, du Nicaragua et du Venezuela pour entrer légalement dans le cadre d’un nouveau programme de libération conditionnelle. En conséquence, des milliers d’Haïtiens font la queue devant les bureaux d’immigration à la recherche passeports afin de bénéficier de ce programme, moyennant un sponsor vivant aux USA.

Les files d’attente sont si longues que les employés de la Direction de l’immigration et de l’émigration de la capitale ne peuvent souvent même pas franchir la porte d’entrée. Les citoyens américains ayant des enfants haïtiens adoptés se plaignent de ne pas trouver de rendez-vous pour demander les passeports requis afin que leurs enfants puissent les rejoindre.

Les agents de la Police Nationale d’Haïti sont nombreux à demander à être pris en considération. Un communiqué, la semaine dernière, de la direction générale de la PNH a informé les agents d’un bureau disponible pour eux afin de placer leurs demandes.

Selon Jean Osselin Lambert de la direction de l’immigration et de l’émigration, le rythme auquel les membres des forces de l’ordre demandent des passeports pour eux-mêmes et leurs proches est tout simplement désastreux pour Haïti. « Nous sommes sur le point de perdre un tiers des policiers avec ce programme », a déclaré Lambert.

Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent des Haïtiens se frayant un chemin dans des files d’attente bondées, des femmes escaladant le haut des gradins dans les gymnases et des Haïtiens tenant des veillées nocturnes devant le principal bureau d’immigration de Port-au-Prince malgré une augmentation des enlèvements suivis de rançon.

« Tout le monde veut un passeport », a déclaré Lambert. « Nous avons beaucoup de chaos. … Nous avons beaucoup de policiers qui sont venus postuler et quand ils viennent, ils ne veulent pas faire la queue », regrette le cadre de la direction de l’immigration et de l’émigration.

Les demandes de passeports sont passées d’une moyenne de 1 500 par jour à environ 5 000. Lambert, dans cette interview au journal américain, a noté que les demandes ont triplé, obligeant l’institution à étendre le nombre d’installations à 15 dans tout le pays pour répondre à la demande croissante.

Actuellement, des communes comme Carrefour n’ont toujours pas leur bureau d’immigration. Il y a quelques jours, les habitants de cette dite commune ont craché leur colère pour faire entendre leur voix. En début de semaine, l’agent intérimaire Jude Edouard Pierre a promis de régler au plus vite le problème.

 

JD

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