juillet 22, 2024
Politique

Les pays de la CELAC ne sont pas en mesure de diriger une force multinationale en Haïti, croit Joseph Harold Pierre

(Port-au-Prince)- Le professeur d’université et spécialiste de l’Amérique Latine, Joseph Harold Pierre, juge impossible techniquement et politiquement que des pays de la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (CELAC) participent ou prennent les rênes de la force multinationale, demandée par le premier ministre Ariel Henry. C’est de l’illusion croit Monsieur Pierre.

 

Dans son discours au 7e sommet de la CELAC, le premier ministre Ariel Henry a appelé les Etats membres à « participer à une force multinationale spécialisée, sollicitée par Haïti (depuis le mois d’octobre 2022), pour aider les forces de sécurité haïtiennes à lutter contre la prolifération du crime organisé, le trafic illicite d’armes et de munitions et à éradiquer les gangs qui ont pris le pays en otage. »

« J’encourage les pays de la CELAC qui le peuvent, surtout ceux qui connaissent déjà le terrain, à nous prêter mains fortes », a-t-il sollicité.

Réagissant ce vendredi 27 janvier à l’émission Panel Magik, le spécialiste de l’Amérique Latine, Joseph Harold Pierre, estime que cette démarche est illusoire puisque c’est impossible techniquement et politiquement.

Sur le plan technique, « Après le Brésil qui a cette capacité, je ne vois pas d’autres. Le Brésil, actuellement est en situation difficile. Il a à gérer ses problèmes de sécurité intérieure. L’Argentine vient de gérer la crise de 2019. Les autres pays de la CELAC qui auraient cette capacité, gèrent des problèmes internes également», explique Joseph Harold Pierre.

Politiquement, impossible dans la mesure ou la CELAC est divisée avec des pays à plusieurs tendances. « Il n’y a aucune façon que ces pays puissent prendre une position fédérée pour Haïti », dit-il, croyant mordicus que le déploiement d’une force militaire dans le pays coûterait une fortune. « Ce qui se passe aujourd’hui est pire que 2004 », ajoute-t-il.

A l’issue du sommet, les dirigeants de la CELAC ont encouragé ses pays membres à examiner la demande du gouvernement d’Ariel Henry pour faire partie ou prendre les rênes de la force militaire étrangère. De l’avis de Monsieur Pierre, « C’est une déclaration pour la galerie ».

Au niveau du Conseil de Sécurité de l’ONU, les membres sont toujours en discorde quant à la demande formulée par le chef du gouvernement haïtien. Cependant, ça bouge à l’Organisation des Etats Américains. L’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’OEA, Francisco Mora, a déclaré qu’une décision devrait être prise le mois prochain sur la base de l’intervention internationale demandée par Haïti. Les discussions se portent pour l’instant sur une force multinationale et non militaire.

 

DJ

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