février 25, 2024
Société

Le BINUH tire la sonnette d’alarme sur les conditions de détention dans les prisons en Haïti.

Le Bureau Intégré des Nations-Unies en Haïti (BINUH) a tiré la sonnette d’alarme sur les conditions de détention des détenus dans les prisons haïtiennes, à travers un communiqué de presse datant du mercredi 10 août 2022. Le BINUH dit avoir enregistré plus de 97 détenus décédés de janvier 2022 à date.

 

Dans les prisons haïtiennes, la stupeur est à son comble. Les conditions de détention s’aggravent de jour en jour. Un an e cela, les Nations unies avaient tiré la sonnette d’alarme dans un rapport intitulé « N’ap mouri ». Au cours de l’année écoulée, la situation continue de s’empirer enregistrant ainsi plusieurs décès.

 

Ce n’est plus un secret de polichinelle, le système carcéral en Haïti est saturé. Le taux d’occupation dans les quatre prisons principales du pays est de 401%, soit quatre fois leur capacité maximale. En conséquence, les détenus ne disposent que de 0,24m2 pour survivre, rien que la surface d’une chaise », note le BINUH. Les prisonniers font aussi face à une pénurie majeure de nourritures, de produits et matériels médicaux. « C’est à peine si un repas leur est servi par jour et ceux qui le peuvent doivent compter sur la solidarité de leurs proches pour manger », indique la note.

 

Selon le BINUH, depuis le début de l’année, il y a eu 97 morts dont 20 au cours du mois de juin, et la santé de l’ensemble des détenus est à risque. A la prison de Cap Haïtien, 84 détenus sont en état de malnutrition avancé.

 

« En plus du manque criant de nourriture au sein des prisons, l’accès des détenus aux soins médicaux est quasi-inexistant. Un seul médecin est disponible pour 1 016 détenus et les livraisons de médicaments sont rares et limitées. Les détenus dépendent entièrement des soins offerts par les organisations caritatives. Dans ces circonstances, les conditions de détention sont en elles-mêmes considérées comme actes de mauvais traitements, voire de la torture », détaille l’agence onusienne.

 

Pour l’heure, selon le BINUH, le gouvernement haïtien a un besoin urgent de soutien puisque les ressources allouées au système pénitentiaire sont très loin de satisfaire les besoins des prisonniers. Le budget alloué par jour par détenu est de 106 gourdes, soit moins d’un dollar américain. « La réalité est encore plus sombre : entre novembre 2021 et mai 2022, seules quatre gourdes ont été dépensées par jour par détenu », déplore la note.

 

Tenant compte de cette situation, le BINUH invite l’Etat haïtien à adopter « des mesures fortes et urgentes pour améliorer les conditions de détention et s’assurer que l’administration pénitentiaire dispose des moyens nécessaires, tant financiers qu’humains et matériels, dans le prochain cycle budgétaire ».

 

Par ailleurs, le BINUH croit que s’attaquer aux conditions de détention ne résoudra pas le problème à long terme de la surpopulation carcérale, qui est le résultat tragique de la détention préventive prolongée. « Plus de 83% des personnes privées de liberté en Haïti n’ont pas encore été jugées et sont détenues de manière prolongée », révèle le bureau qui précise que ce taux est sans précédent.

 

Le BINUH renouvelle sa détermination de se mettre aux côtés des autorités nationales pour la mise en œuvre de solutions immédiates devant répondre aux défis de la surpopulation carcérale et ses conséquences. Il entend continuer les projets de réhabilitation des prisons de Jérémie, Anse-à-Veau et Petit-Goâve, avec l’appui de fonds américains et canadiens, qui permettront d’offrir de meilleures conditions de détention et de mieux tenir compte de la problématique homme-femme dans la gestion des prisons haïtiennes.

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