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Zafem à Montreal

 

*Zafem à Montréal :

 

Une célébration mystique de l’Assomption*

Hier soir, la salle de congrès et banquet La Renaissance s’est transformée en un sanctuaire culturel et spirituel. Comme au Cap-Haïtien, aux Cayes, à Petit-Goâve et dans toutes les villes d’Haïti où l’on honore Notre-Dame de l’Assomption, la communauté haïtienne de Montréal a perpétué cette tradition sacrée. Mais cette fois, pour donner un éclat particulier à la fête, on a fait appel non pas à Tropicana ni à Septentrional, mais à Zafem, la formation mythique portée par Dener et Réginald, véritables artisans de l’âme musicale haïtienne.

Dès l’ouverture, le décor était planté : des visages rayonnants, des cœurs vibrants et des compatriotes venus de partout au Canada. À 23h20, sous les applaudissements nourris, les animateurs Pipo St-Louis, Bernier Sylvain(Bs) et Ronnie introduisent le groupe tant attendu. Aussitôt les premières notes de “Ankò Ankò” de Jacqueline Denis résonnent, la foule se lève comme un seul homme, reprenant en chœur cette mélodie vieille de deux décennies, mais toujours vivante dans la mémoire collective.

Puis vint “Caramel” de Giles Floro. Et là, le clavier s’enflamme : Péter nous offre un solo vibrant, rappelant la magie d’Ansyto Mercier. La salle, enveloppée dans une douce nostalgie, retrouve l’innocence de jadis et se laisse emporter par l’émotion.

La soirée continue sur une vague d’intensité : avec “Nikita”, le public chavire dans une romance profonde, où l’amour se fait confession et promesse. Puis “Dyaman nan Bidonvil” surgit comme un cri d’espérance, une vérité sociale mise en musique, rappelant à chacun la dignité qui brille même au cœur de la misère.

Mais Zafem n’est pas qu’une fête des sens : c’est aussi une mémoire et une conscience. Avec “Ayiti” de Sidon Joseph, Dener entre en transe. Sa voix, portée par une intensité spirituelle, devient un cri d’amour et de douleur pour notre terre natale. Et le public, silencieux d’admiration, reçoit cette offrande comme une prière.

Puis la soirée décolle véritablement. “Sanpousan ” résonne comme un hymne d’amour, d’amitié et de convivialité. La salle entière, remplie à craquer, chante à l’unisson. Les vibrations montent encore d’un cran avec “Antann pou’n Antann” de la légende Coupé Cloué, où Dener laisse parler sa guitare, en parfaite communion avec le public.

L’envolée continue avec “M Pap ka Neye”, une chanson qui se vit comme une méditation sur la persévérance et la résilience. Et quand arrivent les premières notes de “Dlo Dous”, c’est une vague d’émotion qui submerge la salle, une ivresse tendre qui unit les voix dans un même souffle.

Et soudain, comme une révélation, le groupe élève la soirée à son apogée avec “Ala De Ka”. C’est un moment de grâce : Dener, habité, semble transcender le réel. Sa guitare devient divine, et l’ombre du dieu Apollon plane sur la salle. Montréal vit alors une extase collective.

Mais Zafem sait conclure comme un maître. En dessert, un pur délice : “Lalin ak Solèy”. Le délire s’installe, le slogan fuse : “Nap bwè, nap bwè !”. C’est la liesse, l’explosion d’amour et de partage. Puis, en ultime clin d’œil, le groupe annonce “Coming Soon”, comme une promesse sacrée aux Haïtiens du Canada : « Nous reviendrons vous offrir encore et encore la beauté de l’art, dans toute sa dimension mythique.”

Hier soir, Zafem n’a pas seulement donné un concert. Il a offert une messe de l’âme haïtienne. Entre ferveur et nostalgie, entre amour et unité, entre larmes et rires, Montréal a vibré au rythme d’un Zafem qui se veut bien plus qu’un groupe : un symbole de l’excellence, de l’amour et de l’unité haïtienne.

*Robert Févry*

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